La guerre en Afghanistan filmée au 5D Mark II

Le photojournaliste américain Danfung Dennis signe, avec Hell and back again, un film documentaire remarquable sur la guerre en Afghanistan. Il a filmé un régiment de l’armée américaine seul, armé d’un Canon EOS 5D Mark II. Il revient sur son expérience.

« Je crois profondément au pouvoir de la photographie. Cela permet de transmettre des émotions, de raconter des histoires… Mais ce n’est pas suffisant. Il faut aller vers de nouvelles formes d’expression. L’image fixe n’a plus le même impact qu’auparavant. » Danfung Dennis expose sa vision des choses d’un ton posé, sûr, presque froid. Un peu à la manière de James Nachtwey, qu’il admire. Comme l’ancien membre de Magnum Photo et de l’agence VII, le jeune photojournaliste américain (30 ans) a courageusement glané ses galons de correspondant de guerre. L’Irak, l’Afghanistan, il connaît. Il s’y est rendu à plusieurs reprises en tant que photographe, pour Newsweek ou le New York Times

Durant l’été 2009, il suit les soldats de la Compagnie Echo, 2e Bataillon, 8e Régiment de Marines, qui partent à l’assaut d’un bastion taliban au sud de l’Afghanistan. Mais cette fois, il endosse le costume de vidéaste. Il utilise un Canon EOS 5D Mark II avec deux micros, le tout sur un Glock Cam 2000 (voir photo ci-dessus). Malgré des conditions de tournages éprouvantes (chaleur extrême, ergonomie peu adaptée de l’appareil, combats fréquents, etc.), il ramène des séquences d’une remarquable intensité, qui plonge le spectateur, en immersion, aux côtés des Marines.

La qualité d’image est tout simplement époustouflante sur grand écran. Dans l’entretien qu’il nous a accordé (voir vidéo ci-dessous), Danfung précise qu’il a tourné au maximum à f/2,8 sur le sol afghan. Sur le plan narratif, il a finalement concentré son récit autour du sergent Nathan Harris. Ce jeune militaire de 25 ans avec qui il a sympathisé sur le terrain, a été grièvement blessé. Le photojournaliste a suivi son retour au pays, auprès de sa femme, et leur quotidien, pendant un an. Hell and back again raconte tout cela : l’enfer de la guerre, sur place, mais aussi celui du retour au pays, plus méconnu, mais tout aussi insoutenable, dans le cas de Nathan. Bouleversant.

Source et vidéo de l’interview : Le Monde de La Photo

Le site de Danfung Dennis

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